Noël 2002

Lettre Pastorale de Noël aux frères et soeurs vivant un ministère dans notre communauté paroissiale et étudiante " Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et sa tendresse pour les hommes. Il nous a sauvés. " (lettre de l'apôtre Paul à Tite, ch. 3, v.4.)

A chacun et chacune d'entre vous, chers frères et soeurs en Christ, j'adresse mes voeux de sainte fête de Noël, ainsi qu'à vos familles et à ceux que vous rencontrez, spécialement s'ils ne connaissent pas le Seigneur.

Que cette fin d'année soit propice à l'action de grâce pour repérer la tendresse de Dieu manifestée cette année.

Avec l'Equipe d'animation paroissiale qui a accueilli Marie-Alix Maquel après le départ d'Édouard Baron en Angleterre, je rends grâce au Seigneur pour l'évangile vécu au quotidien depuis cette rentrée pastorale. Les nombreux étudiants nouvellement arrivés, les grâces des JMJ de Toronto, les nouveaux paroissiens, Amandine et Marie-Alix, nouvelles locataires du 4 rue R. Guyot assurant le lien Paroisse/ Étudiant, les mardis pastoraux mensuels, les cellules paroissiales d'évangélisation (une nouvelle cellule), la grâce de la mémoire du P. Warnier, curé ici de 1951 à 1966, la nouvelle équipe de six foyers accompagnant au baptême, les nombreuses personnes assurant l'accueil lors des eucharisties dominicales, la présence pastorale de Matthieu Cossiez à l'aumônerie étudiante, et de Marie-Alix Maquel auprès des jeunes de la paroisse avec Monique Roussel, et les nombreux ministères anciens et nouveaux

Rendons grâce également pour les projets en cours ; le thème d'année sans cesse décliné (réveille-toi, 2 Tim 1,6), les relais de quartier à renouveler, l'Adoration Eucharistique (environ 40 heures par semaine actuellement) sans cesse à valoriser, le Pèlerinage à Ravenne (57 pèlerins s'y sont attelés, de tous âges) et d'autres encore. Le tout sous le regard maternel de la Vierge Marie, en cette année du Rosaire.

Chacun de vos ministères est essentiellement évangélisateur. L'humilité de la crèche et des événements cachés de l'enfance du Christ nous replace devant l'essentiel de la vie chrétienne : le monde est sauvé dans la discrétion et dans l'amour humble des événements quotidiens. Si le centre de gravité du Verbe de Dieu est l'homme, et même le bébé, le pauvre dans l'humilité d'une famille toute simple, cela valorise à l'infini nos ministères les plus humbles et les plus discrets, à la Paroisse ou ailleurs. Par son ministère vécu comme à Bethléem ou à Nazareth, chacun de nous devient un travailleur d'éternité, chacun de nous est divinisé, chacun de nous permet à Dieu de diviniser l'autre. Notre ministère n'est pas un coup de main pour aider à la Paroisse. C'est une tâche évangélisatrice, nourrie dans l'Adoration, dirigée vers la Gloire de Dieu et la divinisation personnelle et communautaire. Méditez longuement l'atmosphère de la crèche et vous en ferez l'expérience, qui que vous soyez !

Chacun de vos ministères est essentiellement spirituel c'est-à-dire inspiré et conduit par l'Esprit Saint pour que tous deviennent saints, pour que l'Église soit sainte, belle, Immaculée, sans tache ni ride, comme l'écrit Paul aux Éphésiens. Nous n'avons pas besoin de nous échapper pour vivre du " spirituel " de haut niveau; même si des retraites en abbayes et des sessions sont nécessaires, elles n'excluent pas la valeur spirituelle de nos ministères de base. Permettez-moi, en ce Noël, la fête de base du Seigneur, de militer pour l'Église d'en-bas, les services d'en-bas, la paroisse tout simplement, haut-lieu spirituel, grâce à chacun de vous.

Je vous livre en cadeau un texte du curé d'Aix-les-Bains:

" La restructuration des Paroisses qu'on vit ici dans notre Diocèse, et partout en France, tout cela me fait poser la question de base intéressante pour nous tous : au fait, qu'est-ce qu'une Paroisse ? Quelle est l'originalité, la vocation spécifique, la mission spécifique d'une Paroisse dans l'Église, et puis surtout, et c'est là que je voudrais être clair et percutant, y a-t-il une spiritualité paroissiale ?

Quand on parle Paroisse, on pense messe, catéchisme, sacrements, baptêmes, sépultures, mariages, bref, on pense service de base du tout venant, du bas-peuple, du peuple d'en-bas. Et quant on parle spiritualité, surtout chez les meilleurs chrétiens qui fréquentent les monastères, les hauts-lieux spirituels, les retraites, les sessions, on pense avant tout aux spiritualités religieuses, les spiritualités monastiques, cisterciennes, bénédictines - les spiritualités religieuses apostoliques :jésuites, dominicaines, franciscaines, salésiennes... Bref, dans la tête des chrétiens, la spiritualité, c'est l'affaire des religieux : pour avoir une spiritualité forte, il faut être religieux ou fréquenter les religieux aller dans un monastère pour une retraite, faire une session dans un centre religieux, etc. Pour beaucoup, la Paroisse n'apparaît pas comme le lieu d'une vie spirituelle sérieuse, mais comme le service religieux du tout-venant, comme le quotidien de l'Église d'en-bas. En schématisant, on pourrait dire : " Quand on veut du spirituel sérieux, on va chez les religieux ; quand on veut le minimum religieux; le quotidien.. on va à la Paroisse ! "

Eh bien, personnellement, cela ne vous étonnera pas, en tant que Curé, je veux prêcher pour une vraie vie spirituelle, d'une spiritualité qui en vaut bien d'autres. Si l'on définit une spiritualité par la réalisation dans notre vie d'une certaine image du Christ ou d'un certain visage du Christ, on peut dire que la spiritualité paroissiale réalise, actualise, rend vivant le Visage du Christ proche des hommes. Une Paroisse, c'est donc l'Église de proximité, l'Église qui réalise, révèle le Visage d'un Dieu proche des hommes. Un Paroissien qui vit la spiritualité paroissiale, c'est quelqu'un qui a conscience d'être actuellement la proximité vivante du Christ. Voilà notre spiritualité: nous sommes la proximité vivante et actuelle du Christ. "

Chacun de vos ministères est un ministère de proximité comme Marie avec Jésus et Élisabeth. L'année du Rosaire nous fait contempler le Christ grâce à cette proximité. Une proximité qui entraîne à aller vers les autres, sans attendre qu'ils viennent. Une proximité permanente qui entraîne à vivre avec les autres (et pas seulement cinq minutes). Une proximité de louange qui partage les merveilles que Dieu fait pour nous. Mes voeux de Noël, chers amis, les voici : soyez heureux d'être à votre place, à la base, à la Paroisse, en communion avec l'Église. Soyez heureux, non de rêver à ceci ou cela ou au ciel, mais de mettre le ciel dans votre vie et votre ministère ordinaire., Soyez heureux d'avoir accueilli le Christ dans votre vie et de le donner. " La gloire de Dieu, c'est l'homme vivant " ( saint Irénée, 2ème siècle)

Père Vincent Di Lizia, prêtre, pasteur de la communauté, Noël 2002