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Dimanche 30 Novembre 2003 - 1er dimanche de l'Avent
Homélie à St-André de Reims
Le Prophète annonce
Jérémie 33, 14-16 - Psaume 24 - 1 Thessaloniciens 3, 12-14 - Luc 21, 25-36
Frères et soeurs, c'est
grande fête aujourd'hui : la fête du premier ami de Jésus, André, celui qui
l'a rencontré le premier, et qui en parlera aux autres.
C'est la fête des débuts. Début du groupe des 12 apôtres, début de l'Avent,
début pour deux nouvelles cellules paroissiales d'évangélisation, début d'une
année nouvelle déjà entamée pour l'établissement catholique tout proche, début
de vie pour les nouveaux-nés présentés au baptême. L'Église est au début, au
commencement.Oui,
l'Église en est à ses débuts, elle n'est pas en fin de course. Voilà le don,
le secret et la joie de la fête de St André.
André a été saisi, séduit, ébloui par le Seigneur Jésus. Tout de suite, il part l'annoncer à son propre frère Simon et les autres suivront comme une traînée de poudre. Si nous sommes ici aujourd'hui, c'est que des personnes nous ont dit un jour, comme André : "Nous avons trouvé le Messie" - "Nous avons trouvé l'Agneau de Dieu" - "Ça vaut le coup de venir voir". J'ai trouvé Celui que mon coeur cherche et aime, Celui qui comble mon coeur, Celui qui me donne la Vie et l'Amour qui ne finissent pas, Celui qui donne vie à ce qui est mort ou moribond, Celui qui fait toutes choses nouvelles. Aujourd'hui, c'est la fête pour tous ceux qui nous ont parlé de Jésus et qui l'ont trouvé avant nous.
L'Évangile nous parle de la venue de Jésus. Car c'est Lui qui prend l'initiative et qui vient a nous. Venu il y a 2 000 ans à Bethléem dans le sein de la Vierge Marie, Il viendra juger l'humanité sur l'Amour, et il vient aujourd'hui, maintenant, à des moments et de façon inattendue. Cela aussi est objet de fête : être comblé par sa présence de façon inattendue, comme André et Simon qui étaient en train de travailler à leur barque de pêcheurs.
Or, c'est précisément l'inattendu dont nous avons peur. L'Évangile nous parle de l'affolement des nations, de ceux qui meurent de peur, des ébranlements, de l'improviste. Derrière tout cela, Jésus voit l'angoisse qui conduit à la mort de l'âme et à la sclérose du coeur de pierre. C'est l'angoisse des parents d'élèves dépassés par les errances des jeunes, par une vie qu'ils ne maîtrisent plus, par des résultats non conformes à leurs projets ; c'est l'angoisse de ceux que nous rencontrons et qui vivent comme si Jésus n'existait pas - tout en ayant des pratiques plus ou moins religieuses - ; c'est l'angoisse du nouveau-né arrivent dans une famille blessée, stressée, courant partout ; c'est l'angoisse de la montée de l'Islam auquel le chrétien n'a trop rien à dire, l'angoisse de notre nation tellement laïque qu'elle a peur des religions ; c'est l'angoisse de l'Église qui ne sait pas évangéliser, ni pourquoi, ni comment.
Et si l'Esprit Saint retournait l'improviste angoissant en improviste habitable par Jésus Laissons-le faire. Oui, laissons-le faire! Alors le sens profond des événements de la vie sera d'y rencontrer Jésus vivant qui donne sa vie pour toi, pour moi, et pour qui tu peux donner ta vie, en témoignage pour tes frères.
Oui, c'est fête aujourd'hui, car un établissement catholique comprend cette grâce de l'inattendu. Il donne la liberté à des jeunes de vivre l'aumônerie et d'évangéliser leurs camarades - l'inattendu des inscriptions, parce que l'Esprit Saint est là fait passer de la peur de ne pas voir tous les jeunes catéchisés en grâce de fabriquer des évangélisateurs ; certaines équipes ont triplé de volume en un an. C'est fête.
Oui, c'est fête aujourd'hui, car les cellules paroissiales d'évangélisation, ancrées dans la prière d'adoration eucharistique et la rencontre hebdomadaire, passent de la gestion d'une Église "ronromante" à l'inattendu de celui que je côtoie tous les jours et qui découvre Jésus. Parce que l'Esprit Saint est là, les cellules se multiplient. C'est fête car il y a des méthodes concrètes d'évangélisation au quotidien, des méthodes neuves, enthousiasmantes.
Oui, c'est fête aujourd'hui, car nous présentons des nouveaux-nés en vue de leur baptême. L'improviste d'une naissance devient miracle d'un nouveau visage de Jésus, plongé dans sa mort et sa résurrection. Vécu dans la communauté, le baptême garde celle-ci dans la joie de l'inattendu rempli par Jésus.
Oui, c'est grande fête aujourd'hui, car Jésus permet que ces joies pastorales de la vie de l'Église soient vécues aussi dans l'inattendu quotidien. Pour que notre vie ne soit pas un affolement comme en parle l'Évangile.
Quelques suggestions nous sont proposées par la Parole de Dieu pour que la fête ne soit pas ratée.
Oui, tu peux aborder l'improviste et l'inattendu debout. Jésus ne veut pas que tu avances avec la peur qu'un filet te tombe dessus, dit-il dans l'Évangile. Il te veut en fête, joyeux de le rencontrer et débordant d'amour pour le faire rencontrer aux hommes avec lesquels tu vis. André avait lui aussi ses affolements et ses peurs d'artisan pêcheur. Jean-Baptiste lui a montré l'Agneau de Dieu, le paisible, l'innocent, le pur, le Fils éternel de Dieu. Il en a été touché jusqu'aux entrailles et sa vit a basculé.
Merci Seigneur pour l'inattendu où ma vit peut basculer si je l'aborde avec foi et avec amour, éveillé et priant, le coeur léger.
Toi qui apaise nos vies, merci de les mettre en fête.
Amen.
P. Vincent Di Lizia, Curé, pasteur dé la Communauté